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Comment étudier le « gouvernement international » de l’Afrique ? Etat des savoirs et atelier exploratoire

Rencontre RTP 2010

Recherches et débats : réinventer l'Afrique? / Bordeaux

Intervenants:

Amin ALLAL, David AMBROSETTI, Isaline BERGAMASCHI, Rozenn DIALLO, Vincent BONNECASE, Boris SAMUEL

Présentation de l’atelier

Organisé par Marie-Emmanuelle POMMEROLLE, MdC Paris I, Panthéon Sorbonne – CESSP

 

 

Sous la forme de la dépendance ou de l’extraversion, le rapport constitutif de l’Afrique à l’extérieur est devenu un préalable à toute recherche sur le continent. Le corpus de relations internationales sur l’Afrique, les recherches de socio-anthropologie du développement comme celles sur la formation de l’Etat ont creusé, chacun dans leur domaine, les effets de ce rapport particulier de l’international à l’Afrique. Notre atelier, qui se veut à la fois le lieu d’un bilan de littérature et un forum exploratoire, a pour but de faire se rencontrer ces différents corpus tout en cherchant à systématiser une recherche sur la production d’un gouvernement international de l’Afrique, à partir de l’étude des organisations internationales sur le continent. L’atelier serait donc l’occasion de faire le bilan des savoirs et de proposer des pistes de recherche sur plusieurs dimensions de ce « gouvernement international » :

 

– les acteurs : le FMI, la Banque mondiale, les Nations unies sont les organisations les plus citées. Mais elles seraient plus de deux cents à œuvrer sur le continent, et, surtout, elles sont des lieux d’agrégation d’un ensemble d’autres acteurs : ONG internationales, régionales, cabinets de consultants internationaux, etc… L’atelier pourrait être le lieu d’un inventaire analytique de ces organisations ; il s’agirait aussi de s’intéresser aux élites cosmopolites africaines qui investissent ces OI, à dresser un premier état des savoirs sur leur nombre, leur caractéristiques sociales, leurs trajectoires nationales (éventuellement, à partir de quelques portraits)

 

– les lieux de pouvoir et de négociation : « cellule du CSLP », « cellule de lutte contre la corruption », les lieux de rencontre entre OI et acteurs nationaux se multiplient et sont des lieux où se négocient les programmes de « réforme », où ils sont mis en œuvre, souvent par l’intermédiaire de consultants, d’assistants, …Un premier état des lieux empiriques sur ces espaces sera ici le bienvenu.

 

– les instruments de ce gouvernement international : de plus en plus d’écrits s’intéressent aux réformes visant la mise en place du nouveau management public en Afrique sub-saharienne, et élaborent sur les modes de formation de l’Etat au travers des doctrines réformistes mises en avant par le développement. Là encore, un bilan de la littérature et un exemple empirique précis permettront de lancer des pistes – applicables à l’ensemble des secteurs affectés par ces réformes.

 

– les effets économiques et sociaux de ce gouvernement international : une piste encore peu suivie est celle des effets socio-économiques de cette présence internationale, à la fois en termes de recompositions sociales (systèmes éducatifs et circuits de formation tournés vers l’international), spatiales (marché du foncier, transformation de certains quartiers, effets de ségrégation, nouvelles opportunités touristiques, augmentation du parc automobile et notamment des 4×4), économiques (marche de l’emploi : personnels locaux, construction de centre commerciaux), et politiques (sociabilités partagées avec les membres de l’élite sociale et politique). Une discussion sur les modalités d’enquêtes sur de telles problématiques sera engagée.