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Construction sociale et historique de la notion de « qualité » (santé, alimentation, éducation) en Afrique

Rencontre RTP 2010

Recherches et débats : réinventer l'Afrique? / Bordeaux

Intervenants:

Isaline BERGAMASCHI, Vincent BONNECASE, Chantal CRENN, Hélène CHARTON, A.-E. DELAVIGNE, Francois RUF

Présentation de l’atelier

Organisé par Hélène CHARTON (CNRS/CEAN) et Chantal CRENN (CNRS/UMI-Dakar et IUT/CS Universités de Bordeaux)

 

 

Dans le contexte général de réduction de la pauvreté à travers la réalisation des objectifs du millénaire à l’horizon 2015, les questions de santé, d’alimentation et d’éducation sont au cœur des programmes internationaux de développement mis en œuvre par les Etats africains. Depuis une dizaine d’années, le discours sur l’aide internationale s’est recentré sur la notion de « qualité » qui recouvre un dispositif multiforme. En effet, la délivrance de biens publics de « qualité » que ce soit dans les domaines de l’éducation de l’alimentation et de la santé occupe une place importante dans les programmes nationaux soutenus par la communauté internationale des bailleurs ; ils s’appuient sur un ensemble de règles et de processus pourvoyeuses de normes et de modèles. L’objet de ce panel est précisément d’aborder, dans une perspective à la fois sociale, culturelle et historique, la manière dont sont construites et diffusées ces normes de « qualité » dans des domaines de l’alimentation, la santé et l’éducation.

 

Le premier niveau d’analyse est celui des bailleurs comme prescripteurs et opérateurs de ce type de politiques et qui peuvent être porteurs d’un discours normatif sur le « bien manger » le « bien apprendre » et le « bien se soigner ». Il doit permettre d’aborder les questions de la construction des représentations de la qualité mais aussi celui des transferts des modèles à travers un certain nombre de technologies.

 

Le second niveau d’analyse concerne les transactions engagées par les Etats nationaux et les sociétés à la fois comme mode de légitimation (question de la paix sociale) et comme forme de redistribution. D’où la question centrale de la nature et des modes de fonctionnement quotidien de ces dispositifs. Sont-ils universels ? S’ils sont sélectifs, quels sont les critères principaux de cette sélectivité (géographique, socio-économique ?), etc . On s’intéressera tout particulièrement au rôle joué par les passeurs de savoirs dans ces processus et notamment les « migrants » et leurs enfants qui effectuent des aller-retour entre le Nord et le Sud mais qui peuvent participer eux-mêmes à des projets de développement.

 

Enfin le troisième niveau d’analyse est celui de la réception de ces programmes par les populations elles-mêmes et leurs effets réels en matière de santé, d’éducation et d’alimentation. La prise en compte des points de vue des acteurs dotés de « compétences sociales » (ou d’agentivité), donnera à cet atelier une vision totale du processus de construction sociale et historique de la notion de «qualité ». Elle privilégiera l’analyse des comportements tactiques et parfois stratégiques des acteurs en tenant compte des contraintes structurelles qui les orientent.