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Extraversions africaines et mondialisations. L’étranger vu d’Afrique sur la longue durée

Rencontre GIS 2016

Afriques Cosmopolitiques / Paris

Intervenants:

Mireille Razafindrakoto, François Roubaud, Samuel F. Sanchez, Jean-Michel Wachsberger, Catherine Fournet-Guérin, Estelle Koussoube, Mathilde Gingembre, Antonia Witt

Présentation de l’atelier

Dans la continuité de la réflexion interdisciplinaire amorcée aux REAF 2014 (Les réseaux connectés de l’océan Indien), nous voulons dans cet atelier étendre le questionnement sur le rapport des sociétés africaines au global, en partant d’analyses locales.

Les sociétés africaines s’inscrivent dans des relations mondialisées qui ont connu plusieurs phases de flux et de reflux depuis l’antiquité jusqu’à nos jours. À partir du 18e siècle et surtout du 19e à aujourd’hui, les sociétés africaines ont été intégrées de manière de plus en plus rapide dans des circuits d’échange de biens et de superstructures qui ont modifié en profondeur leurs organisations et leurs conceptions du monde.

Cette intégration est parfois vécue comme une opportunité créatrice de nouveauté et porteuse de croissance économique, mais parfois aussi rejetée comme vectrice de bouleversements d’ordres économiques et sociaux établis, suscitant souvent rejet et politiques de défense allant parfois jusqu’à l’autarcie.

Au delà des approches globales qui négligent trop souvent l’échelle micro-sociale, la plus proche des individus, ce panel vise à comprendre comment les sociétés africaines ont réagi et réagissent aujourd’hui à l’échelle locale et régionale à ces changements globaux. Plus précisément, comment les acteurs ont-ils perçu et perçoivent-ils les influences étrangères et l’insertion de leurs sociétés dans des logiques de plus en plus interdépendantes et globalisées ? Le sujet sera traité de manière interdisciplinaire, et le panel est ouvert à des contributions de toutes disciplines des sciences sociales. Un jeu comparatiste entre plusieurs régions d’Afrique permettrait aussi de dégager les singularités des différentes régions d’Afrique dans cette perspective.

Cette approche suscite trois interrogations qui retiennent particulièrement notre attention:

  • Quelles sont les résonances du rapport à l’étranger dans la construction des identités (ethnicités, nations); comment l’étranger est une ressource pour l’inclusion ou le rejet de modèles globaux ?
  • D’un point de vue économique comment les sociétés négocient-elles leur intégration dans des réseaux d’interdépendance avec des pôles économiques puissants. Comment peut-on mesurer cette intégration et quels sont ses effets sur le politique?
  • Comment les acteurs des mondialisations (investisseurs étrangers, bailleurs de fonds, institutions supranationales) sont-ils connectés aux réseaux locaux ? Comment sont-ils perçus par les sociétés ? Constituent-ils une source d’ouverture, de partenariat ou sont ils considérés comme des outils de la dépendance, de la prédation ?

COMMUNICATIONS

Catherine Fournet-Guérin
Madagascar et Mozambique : les réactions différenciées des citadins à la présence d’étrangers dans les capitales nationales

Estelle Koussoube
Aide et changement institutionnel au Burkina Faso: un échec aux conséquences multiples

Mathilde Gingembre
Les étrangers en terre ancestrale. L’agrobusiness au prisme de l’économie morale des paysanneries malgaches

Mireille Razafindrakoto
« Vazaha mody miady » ou la méfiance de la population malgache vis-à-vis de l’« extérieur » ?

Antonia Witt
Entre alternative africaine et ingérence contestée : l’Union Africaine vue par le bas