Les rencontres Audio

Glissement de Terrain Atelier 3/4 : Bascules et glissements temporels sur le terrain

Rencontre RTP 2010

Recherches et débats : réinventer l'Afrique? / Bordeaux

Intervenants:

Jeanne VIVET, Amandine SPIRE, Julien BRACHET, Olivier IYÉBI MANDJEK, Catherine FOURNET-GUÉRIN, Marie MORELLE

Présentation de l’atelier

Organisé par Marie MORELLE, UMR Prodig, Université de Paris 1 et Amandine SPIRE, Gecko, Université de Paris Ouest Nanterre

 

Cet atelier vise à réintroduire la question des temporalités et de leurs représentations en géographie et en Afrique.

 

Un premier axe soulèvera des questions de méthodologie. Comment penser le temps, entendu comme histoire et processus ? Comment les temporalités du terrain nous font-elles opérer des glissements en termes conceptuels et empiriques ? Il est question d’interroger nos pratiques de terrain : combien de temps mener des enquêtes sur des terrains où la durée est parfois présentée comme source de légitimation du discours ? Combien de « retours » sont nécessaires auprès des personnes rencontrées ? Quand enquêter : le jour ou la nuit, à la veille d’un événement sportif ou au cœur d’élections ? Il est essentiel de déconstruire les temporalités qui rythment la vie des êtres humains, la production d’espace et les représentations qui en sont faites (institutionnelles, populaires, etc.). S’approprier un espace en des périodes données s’avère riche de conséquences sociales à étudier. En miroir, le temps passé sur notre terrain peut modifier l’objet de recherche. D’importants seuils marquent les itinéraires des personnes rencontrées : parfois, ce sont des moments fragiles, éphémères, informels et discrets où se négocie un passage vers d’autres espaces, une sortie temporaire, l’accès à un lieu précis qu’il nous faut être capable de saisir : par l’observation ? Par le récit ? Comment saisir ces glissements entre longue durée et contingences immédiates, entre stratégies planifiées et tactiques improvisées ?

 

Le second axe de l’atelier propose de croiser temps et espace comme dimensions constitutives de la vie en société. Les récits de vie nous renvoient à d’autres époques parfois mythifiées. Les discours recueillis nous invitent à réfléchir à la nostalgie à la mélancolie, voire au traumatisme. Les territoires que nous étudions sont des palimpsestes, co-producteurs d’identités collective et individuelle. La mémoire est faite de choix, d’instrumentalisations et de revendications, de souvenirs comme d’oublis. Elle se fait au détriment d’individus ou de lieux et au profit de certains autres. Les processus de patrimonialisation sont, à cet égard, exemplaires. Le temps est une valeur, une ressource. Il revêt aussi un coût.

 

Le temps s’écoule parfois trop vite (pour l’accès aux soins par exemple). Mais le temps peut ne pas passer (les camps, la prison, etc.). Comment rester et s’approprier un espace quand on veut en partir ? Inversement, comment rester et survivre à court terme quand certains acteurs, tels les bailleurs internationaux voudraient planifier le changement de pratiques ici, maintenant et pour le long terme ? Où, comment la nostalgie devient concomitante du temps présent, qui s’enfuit déjà ?