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Globalisation et ruralités : décrire et comprendre les pratiques sociales de calcul dans les espaces ruraux africains

Rencontre RTP 2010

Recherches et débats : réinventer l'Afrique? / Bordeaux

Intervenants:

Jean Pierre HASSOUN, Benoit HAZARD, Fanta DIALLO, Hélène GUÉTAT

Présentation de l’atelier

Organisé par Benoit HAZARD, CR CNRS, IIAC-Centre Edgar Morin.

 

Ce panel de recherche transdisciplinaire propose d’examiner les rapports entre la globalisation et les ruralités africaines, entendus comme des manières de vivre, d’habiter, de peupler, voire d’innover dans les espaces ruraux. Il part du constat que les mutations de ces espaces sont une dimension souvent négligée des études sur la globalisation, définie ici comme la circulation du capital, des marchandises et des hommes. Il propose de l’approcher à partir de recherches portant sur les « pratiques sociales de calcul ». Par pratique sociale de calcul, nous entendons dans un premier temps l’ensemble des opérations mentales et des interactions qui donnent lieu à des calculs relatifs à la circulation du capital et/ou des marchandises à la fois dans et en dehors des cadres économiques institutionnels. Comment un acteur calcule-t-il les bénéfices ou les pertes liés à un emprunt immobilier ou à un achat de bétail ? Comment un agriculteur apprécie-t-il les bénéfices de l’usage d’une semence brevetée? Quelle est la pensée économique des réseaux informels de transfert d’argent où les notions de gain et de profit semblent absentes ? Comment la monnaie est reconvertie en biens de prestiges ? Cette convertibilité mobilise-t-elle des règles de commensalité, des manières de mesurer et de compter particulières ?

Ces « calculs par le bas », ces logiques d’accumulation, d’investissement et de dilapidation, doivent aujourd’hui être pensés comme des conséquences du capitalisme globalisé. Par-delà les situations de dépendance, les acteurs développent des capacités nouvelles pour aménager, « vivre avec », les flux économiques mondiaux. Comment ces sujets méconnus de la globalisation aménagent, subissent ou résistent à ces flux en fonction de répertoires qui leur sont propres ? Ce questionnement servira de support aux descriptions ethnographiques mettant en abîme les capacités d’initiatives des acteurs dans le cadre d’un modèle habituellement construit par la seule interdépendance entre les sociétés.