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Imaginaires et désenchantements du développement par l’extraction minière en Afrique

Rencontre GIS 2018

Afriques enchantées, Afriques en chantiers / Marseille

Intervenants:

Sylvie Capitant, Muriel Cote, Johannes Knierzinger, Mathilde Joncheray, Zakaria Soré, Diana Ayeh, Richard Makon Ma Mbeb, Michèle Cros, Tongnoma Zongo

Présentation de l’atelier

Le continent africain foisonne actuellement d’activités extractives, aussi bien industrielles qu’artisanales, dans lesquelles l’imaginaire, l’enchantement et le désenchantement occupent une place importante. Ces derniers s’agencent de manière complexe, diversifiée et contradictoire. Alors que les preuves de manquements de l’activité extractive se répètent (tensions foncières, dégradations environnementales, fragile soutenabilité locale, corruption..) et suscitent des désenchantements (conflits, grèves, dépossessions), l’imaginaire d’une « émergence », d’une « fortune », d’un développement par l’extraction se maintient, se répand et parfois se renforce.

Dans ce panel, nous invitons des contributions qui traitent de cette tension entre un « rêve » de la richesse par l’extraction et les désenchantements vécus et parfois combattus. Cet « enchantement » se construit aussi bien à l’échelle globale qu’à l’échelle locale. Il concerne aussi bien les discours étatiques, ceux des entreprises, mais aussi plus anthropologiquement le rêve qui habite les orpailleurs. En ce qui concerne les désenchantements, ils surgissent par des résignations, par une remise en cause, souvent timide, du paradigme extractif, des règles de compensations et de la prévalence du niveau global sur le local mais aussi par des actions de résistance, plus ou moins violentes.

Plusieurs pistes pourront être explorées :

  • Ressorts et dynamiques d’élaboration des imaginaires : quels discours, quels sont les acteurs qui les portent, autour de quels arguments se construisent-ils, comment se projettent-ils, quel lien entre la promesse nationale d’accéder à l’émergence économique par l’extraction et le rêve de devenir riche de l’orpailleur qui a le courage de descendre à plus de 80 mètre sous terre ?
  • Quelles sont les formes de désenchantement, à quelle partie du rêve font-elles écho, quelle place accordée à la violence, quel est l’aboutissement des mobilisations, mais aussi leurs capacités d’agir, et de transformer l’imaginaire?
  • De quelle manière les modalités d’atténuation économique et sociale des effets locaux (RSE, compensations, investissement local) influencent les imaginaires et les désenchantements ?

 Le panel encouragera le comparatisme et privilégiera les approches permettant de se défaire de la séparation entre exploitations industrielle et artisanale.

COMMUNICATIONS

Johannes Knierzinger
The right to ghost towns ? Towards a critical geography of mine closure in West Africa

Mathilde Joncheray
Les activités extractives au Congo-Brazzaville, des espoirs de l’émergence aux désillusions du mal-développement

Zakaria Soré
Le retour en classe ou la désillusion de la promotion socioéconomique par l’orpaillage chez les élèves orpailleurs de Gambo au Burkina Faso

Diana Ayeh
Entre rêves de richesse et réalités de la traite : imaginer, pratiquer et gouverner « la prostitution » dans une ville minière au Burkina Faso

Richard Makon Ma Mbeb
Extraction minière et développement en Afrique centrale : les leurres de l’investissement direct étranger

Michèle Cros
Le sang du désenchantement sur un site d’or – Fofora au Burkina

Tongnoma Zongo
Les travailleurs locaux de la mine de Bissa Gold au Burkina Faso : précarité ou sécurité ?