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Inventions et réinventions des Afriques

Rencontre RTP 2010

Recherches et débats : réinventer l'Afrique? / Bordeaux

Intervenants:

Christian BOUQUET, Ibrahima DIOP, Laurent GAGNOL, Moïse KABORE, Francoise VERGES, Esoh ELAME

Présentation de l’atelier

Organisé par Christian BOUQUET, Université Bordeaux 3.

 

Cet atelier se propose de « déconstruire » les différents regards portés sur le continent africain et de revisiter les images, géographiques ou autres, que les différentes catégories d’observateurs nous ont transmises tout au long de l’histoire.

A partir de la notion de « préjugé d’état » façonnée par Jean-Jacques Rousseau, un certain nombre de descriptions sont passées au crible d’une critique qui s’efforce de débusquer l’ethnocentrisme, sans pour autant instruire un quelconque procès en mémoire. D’ailleurs, une forme d’équilibre – le terme est mal choisi – est respectée puisque les perceptions des dominateurs et des dominés sont illustrées par le même nombre de communications.
Si les préoccupations coloniales apparaissent fortes dans les textes européens relus par Ch. Bouquet et I. Diop, ce sont des visions essentiellement religieuses que reprend M. Kaboré. Mais, dans les trois cas, la perspective de conquérir des territoires nouveaux et/ou de convertir des populations dites incroyantes justifie les descriptions évoquées. Au nom de la supériorité d’une « race », ou parfois plus simplement des « bienfaits de la civilisation », et avec une indécence probablement inconsciente à l’époque où les écrits ont été produits, c’est sous un éclairage biaisé qu’est donné à voir le continent africain dans son périmètre subsaharien.
A l’inverse de cette démarche critique, c’est à un travail de reconstruction que se livrent les trois autres intervenants. D’abord en essayant de lire entre les lignes des échanges entre les Touaregs et les Européens (L. Gagnol), puis en réactivant des récits peu connus de l’Océan indien (F. Vergès), et enfin en esquissant ce qui pourrait être une « géographie africaine de l’Afrique » (E. Elamé), ils ébranlent sérieusement les idées reçues et posent implicitement des questions sur les grilles d’analyse et de compréhension qui ont été constitutives du moule conceptuel unique dans lequel tous les chercheurs – dominateurs et dominés – ont été formés et formatés.