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Inventorier, collecter, protéger Réseaux et acteurs de la vie des institutions de conservation en Afrique

Rencontre GIS 2014

L’Afrique des/en réseaux / Bordeaux

Intervenants:

Chloé Josse-Durand, Thomas Guindeuil, Rémi Dewière, Guillaume Blanc, Sarah Ligner

Présentation de l’atelier

Bibliothèques, musées, centres d’archive ou réserves naturelles constituent des institutions de conservation autour desquelles les pouvoirs publics africains bâtissent une grande partie de leur politique culturelle. D’abord fréquentées par les chercheurs pour les données qu’elles rassemblent – l’une de leurs premières missions –, ces institutions se sont imposées au cours de la dernière décennie comme des objets de recherche à part entière, dans un contexte de développement des études dédiées au patrimoine et à la «patrimonialisation». L’Afrique n’échappe pas à la fièvre patrimoniale, et les élites politiques, scientifiques et intellectuelles locales se sont progressivement réappropriées les concepts de patrimoine et de conservation, dont les normes ont souvent été définies de façon exogène. Mais la réalisation de ces politiques nécessite la mobilisation de nombreux acteurs, dont les gestes et les intérêts individuels et collectifs, parfois privés, sont souvent masqués derrière les activités de l’institution elle-même. Or le poids de ces individus dans le choix de ce qui doit être inventorié, collecté et protégé est souvent important. Aussi, le discours émanant des institutions de conservation est d’autant plus difficile à décrypter qu’il relève bien souvent de logiques multiples, nationales et internationales. Qu’il s’agisse d’institutions nées dans un contexte d’indépendance politique ou dans un contexte colonial, ce sont des acteurs locaux (membres du gouvernement, d’autres institutions patrimoniales, experts scientifiques venus du monde universitaire, érudits, collectionneurs privés, etc.) et internationaux (représentants de l’Union Européenne, de l’UNESCO, de l’ICOM, de l’Africom, des ONG, des centres de recherches à l’étranger, diplomates nationaux, marchands d’art ou collectionneurs, etc.) qui font vivre ces institutions, les modèlent et les utilisent en fonction de leurs propres stratégies. À travers une série d’enquêtes ciblées sur les individus, et s’appuyant sur les documents produits par leurs activités (archives et autres documents inédits), ce panel pluridisciplinaire se propose de donner un visage aux institutions de conservation africaines et à leurs réseaux.

COMMUNICATIONS

Chloé Josse-Durand
« Le musée-mausolée de Koitalel Samoei, une institution façonnée par la controverse : analyse croisée des mémoires d’un mercenaire, de la biographie d’un chef de clan mythique et des stratégies d’acteurs amorçant la réinvention de l’identité nandi au Kenya »

Thomas Guindeuil
« Les années «Hoy». Stanislaw Chojnacki, l’émigré polonais devenu homme-musée de l’Éthiopie (1950-2010) »

Rémi Dewière
« Des rives du lac Tchad aux fjords norvégiens. Le rôle des administrateurs coloniaux et des historiens dans la collection, la conservation et la circulation des sources écrites du sultanat de Borno (Nord Nigeria) »

Guillaume Blanc
« Et l’UNESCO arriva… John Blower et les prémices d’une politique patrimoniale de la nature en Éthiopie (1965-1974) »

Sarah Ligner
« Marie-Cécile Zinsou : créer, animer et faire rayonner le premier musée d’art contemporain au Bénin »