Les rencontres Audio

Le cinéma des Indépendances

Rencontre RTP 2010

Recherches et débats : réinventer l'Afrique? / Bordeaux

Intervenants:

Thierno Ibrahima DIA, Gaelle LEROY, Amina NDIAYE LECLERC, Abdoul Dragoss OUEDRAOGO, Antoinette TIDJANI-ALOU, Viviane AZARIAN, Louis NDONG

Présentation de l’atelier

Organisé par Thierno I. DIA, Enseignant en Cinéma, Chargé de Cours, Faculté des Arts – Université de Bordeaux 3.

 

Cet atelier a pour approche le cinéma. La démarche sera interdisciplinaire (histoire, sociologie, littérature) ainsi qu’à l’intersection de la théorie et de la pratique du cinéma. 
Nous nous inscrivons dans la première thématique (historique) du colloque.

 

A l’aune des théories culturelles (surtout le postcolonialisme, c’est-à-dire « l’au-delà du colonialisme »), il s’agit de poser un regard diachronique sur les indépendances des républiques africaines anciennement colonisées ainsi que le présent des sociétés anciennement colonisées ou colonisatrices. Par le biais du cinéma, l’atelier veut conduire à dépasser le registre de l’émotion pour dégager les moyens disponibles pour interroger l’histoire de la colonisation et son impact sur les sociétés contemporaines.
Un large pan de l’Ecole historique française a souvent réagi sous le registre de l’émotion sur les questions coloniales. Nous en voulons pour preuve la pétition de 350 historiens pour défendre Olivier Pétré-Grenouilleau qui remet en cause l’esclavage comme crime contre l’humanité, sans questionner le fondement scientifique, la levée de boucliers contre les lois mémorielles sans apporter de réponses pleinement satisfaisantes sur le plan scientifique, en dépit de quelques avancées, voire l’attaque contre la théorie post-coloniale au nom d’une défense de l’idéal républicain français :   « le théorème postcolonial touche au point le plus sensible de la conscience française – l’idéal de la nation républicaine héritière des Lumières ». (La situation postcoloniale, sous la direction de Marie-Claude Smouts, p. 26)
L’apport de la pratique cinématographique est importante pour mesurer les difficultés à aborder par le biais de la caméra cette réalité coloniale et ses avatars ainsi que  pour faire aussi émerger le travail qui s’est fait malgré tout. Dans le corps de leur film CAMEROUN, AUTOPSIE D’UNE INDEPENDANCE (2007, 52 min) les réalisatrices Valérie Osouf et Gaëlle Leroy font dire à Aïssa Maïga, voix off de leur documentaire, les difficulté à obtenir les documents d’archives produits par l’armée française (images des massacres de populations luttant pour l’indépendance atrocement mutilisées : têtes coupées et exposées sur le marché).
A ce titre les deux cinéastes retenues sont révélatrices de toute une démarche qui intéresse l’Université : écrire/lire l’histoire par le cinéma.

 

Elles ont réalisé respectivement CUBA UNE ODYSSEE AFRICAINE (Jihan El Tahri, Egypte, 2006, 2×59 min), VALDIODIO NDIAYE ET L’INDEPENDANCE DU SENEGAL (Amina Ndiaye Leclerc, Sénégal/France, 2000, 52 min).