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Les traces de l’intimité : penser l’individu en Afrique

Rencontre GIS 2016

Afriques Cosmopolitiques / Paris

Intervenants:

Violaine Tisseau, Pauline Monginot, Thaïs Gendry, Ophélie Rillon, Heather J. Sharkey, Anaïs Wion

Présentation de l’atelier

Les travaux de Stoler en particulier ont engagé une relecture de la colonisation à l’aune de l’intimité, en analysant les unions mixtes ou les relations entre enfants européens et domestiques « autochtones » (Stoler, 2013). C’est dans cette perspective que l’intimité a pour l’instant principalement été étudiée en Afrique. Nous proposons d’élargir ce champ d’analyse qui demeure un angle mort des recherches en histoire sur l’Afrique alors même qu’il est en plein essor dans les études européennes (Giddens, 1991). Depuis quelques années, l’intimité est devenue un nouveau champ d’investigation des études historiques de l’Europe : le sentiment amoureux (Rebreyend, 2009) ou le sentiment de soi (Vigarello, 2014) sont ainsi l’objet de travaux récents.

Interroger les sociétés africaines sous cet angle nous semble pertinent pour mettre en lumière les processus d’individualisation (Marie, 1999) au sein de sociétés souvent pensées uniquement en termes de groupe. Il permet donc d’interroger l’évolution d’une définition et d’une expression de soi, suscitée par le rapport à un autre inscrit dans des cercles plus ou moins éloignés. Cette approche de l’individualisation permet en outre, en replaçant l’individu au cœur de la société, d’en interroger l’ordre (Azoulai, 2013). Par ailleurs, en contexte de migration, l’intérêt demeure pertinent dans la mesure où il permet de construire / reconstruire son identité.

Conditionnée par un rapport à l’autre, l’intimité peut être étudiée comme une manière de se définir dans la société, de se penser comme individu, de se montrer et se mettre en scène. Souhaitant privilégier une approche historique, sans écarter les autres, se pose alors la question fondamentale des sources car comment avoir accès à l’intimité des individus et à quels individus pouvons-nous avoir accès ? Quand certaines sources expriment la nature des sentiments et des relations entre les individus (correspondances, journaux intimes, productions artistiques…) d’autres, à l’instar des objets ou des photographies, matérialisent l’attachement ou le souvenir de personnes, de lieux ou de moment.

COMMUNICATIONS

Thaïs Gendry
Correspondance privée et correspondance publique dans les prisons coloniales, un aperçu depuis un condamné un bagne

Ophélie Rillon
Intimités militantes. Pour une sociobiographie de couples de militants ouest-africains (Mali, Burkina Faso) au XXe siècle

Heather J. Sharkey
Mover and Shaker: Grace Mary Crowfoot, Intimate Conversations, and Turnings in Sudanese History

Anaïs Wion
Changements sociaux et phénomènes d’individuation dans le royaume chrétien d’Éthiopie à l’époque moderne (16è-18è s.)