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L’héritage contrasté du tiers-mondisme en Afrique et en Asie cinquante ans après Bandung et les indépendances africaines

Rencontre RTP 2010

Recherches et débats : réinventer l'Afrique? / Bordeaux

Intervenants:

Présentation de l’atelier

Organisé par Lazare KI-ZERBO, Docteur en philosophie, Centre d’Etudes pour le Développement Africain (CEDA) et du Comité international Joseph Ki-Zerbo (CIJK).

 

Après 1945, l’émergence du Tiers-monde (1) sur la scène internationale représenta un phénomène majeur du vingt-siècle. Sous l’égide des leaders nationalistes, les années cinquante auront été caractérisées en Asie comme en Afrique par des projets de modernisation et de construction nationale dans des cadres sociétaux parfois multimillénaires. Ce fut le cas notamment en Inde, en Chine, en Indonésie, en Egypte, au Ghana…

 

Cinquante après Bandung (avril 1955) et les indépendances africaines (1957-1960), la chute de l’URSS et la fin de la guerre froide a entraîné l’hégémonie du capitalisme mondialisé. La littérature a souvent souligné que, malgré des caractéristiques socio-économiques comparables et très proches au départ, l’on a abouti au décollage relatif des nations asiatiques (Chine, Corée du Sud, Malaisie, Singapour…), contrastant avec la croissance comparativement très modeste en Afrique, au point qu’un néo-colonialisme venu d’Asie est évoqué.

 

Les principes proclamés du panafricanisme et du Non-alignement n’ont pas réussi à constituer dans les faits une alternative face à l’aggravation de la dépendance économique et financière du Continent africain, et à sortir la majorité des Africains de la pauvreté ou de la misère.

 

En même temps, alors que l’Amérique latine se distingue par le renouvellement multiforme d’expériences progressistes, un penseur politique tel que Achille Mbembé, autrefois analyste de l’indocilité de la jeunesse et des couches populaires africaines, affirme que toute perspective de transformation sociale radicale doit être écartée en Afrique.

 

L’ambition de l’atelier est de contribuer aux études afro-asiatiques et à l’histoire du Mouvement des non-alignés, dans le cadre d’une approche multidisciplinaire.

 

En particulier l’atelier souhaite provoquer une réflexion spécifique sur la vie et l’œuvre de W.E.B du Bois et de l’écrivain et journaliste Richard Wright, grand reporter au Ghana puis à la Conférence de Bandung.

 

 

(1) Le terme aurait été inventé par le démographe français Alfred Sauvy.