Les rencontres Audio

Marseille dans « l’usage du monde » de marins de l’océan Indien (fin XIXe-années 1960)

Rencontre GIS 2018

Afriques enchantées, Afriques en chantiers / Marseille

Intervenants:

Simon Imbert-Vier, Laurent Jolly, Didier Nativel, Clément Cayla-Giraudeau

Présentation de l’atelier

Ce panel se propose d’aborder la question de la circulation des marins coloniaux et de leur relation aux ports qu’ils visitent et parcourent, en s’intéressant plus précisément aux navigateurs venus des colonies françaises de l’océan Indien (Madagascar, Mascareignes, Comores, Djibouti) et à leur approche d’un port colonial qui est aussi une grande ville méditerranéenne, Marseille.

Il se situe dans une volonté de développer et traiter l’articulation de deux questionnements scientifiques. D’abord de développer une historiographie des marins africains, un champ encore très inégalement abordé en dehors de quelques études en anglais (Hyslop, 2009 ; Schler, 2011) ou en français (Manchuelle, 2004; Gary-Tounkara, 2014) pour le XXe siècle, voire pour des périodes antérieures notamment dans l’océan Indien (Vernet, 2015). Ce panel permettra donc, à partir d’un point plus approfondi sur l’état de la question, d’impulser de nouvelles recherches sur ce point fondamental pour la compréhension plus globale des circulations en situation coloniale.

Le projet s’enrichit d’un second objectif, étroitement lié, avec la volonté d’interroger les relations de ces gens de mer au port phocéen depuis la fin du XIXe siècle, dans le prolongement des recherches déjà entreprises sur l’origine de l’installation de diasporas sur place (Bertoncello, Bredeloup, 1999; Slimani-Direche, Le Houérou, 2002). Différentes facettes de Marseille, celle des intérêts coloniaux (Daumalin, 1992), des « désirs d’ailleurs » (Aillaud, Aillaud, Barbier, alii, 2006 ; Roncayolo, [1990] 2014) ou encore de nombreuses communautés – françaises ou étrangères, européennes ou ultra-marines – (Temine, 1989-1991) sont maintenant assez bien étudiées. Des auteurs proposent d’identifier et étudier la présence dans le Marseille de la période coloniale de groupes construits selon d’autres logiques et pas nécessairement repérés auparavant, comme les communautés «noires» (Pattieu, 2009; Nasiali, 2016). En revanche, la présence et les pratiques des marins nord-africains, ouest-africains, somalis, comoriens ou malgaches, fréquentant régulièrement ou parfois établis durablement dans le grand port méditerranéen à l’époque coloniale, restent encore à explorer.

Les présentations et discussions que permettra ce panel sont envisagées comme le premier moment d’une réflexion plus large sur les circulations et les pratiques des marins africains, voire même plus généralement des navigateurs issus des espaces coloniaux, ainsi que sur leur relation aux ports méditerranéens durant la période coloniale, qui pourrait aboutir sous la forme d’une rencontre large ou d’une série de journées d’étude.

COMMUNICATIONS

Laurent Jolly
Marseille et les inscrits maritimes de Djibouti : traces et éléments de réflexion pour une histoire sociale des gens de mer en situation coloniale (début XXe siècle – fin des années 50)

Didier Nativel
Les marins malgaches et comoriens à Marseille (Fin XIXe-années 1950)

Clément Cayla-Giraudeau
L’Amicale des originaire de la Côte française des Somalis, une proto-diaspora djiboutienne à Marseille (1948-1953)