Les rencontres Audio

Réseaux et ressources migratoires, frontières sociales, ethniques et politiques

Rencontre GIS 2014

L’Afrique des/en réseaux / Bordeaux

Intervenants:

Mahamet Timéra, Harouna Munkaila, Dominique Vidal, Jocelyne Streiff-Fénart, Daouda Gary Tounkara

Présentation de l’atelier

L’objectif de l’atelier est de mettre en perspective des recherches récentes issues de plusieurs champs disciplinaires afin de mieux comprendre comment les représentations et les pratiques de la mobilité instituent des organisations sociales, mettent en jeu les rapports de pouvoir à l’échelle nationale et internationale, et participent aux reconfigurations des identités collectives (ethniques, familiales, nationales) dans les sociétés africaines. Le renforcement des frontières des pays occidentaux, le transfert du contrôle de ces mêmes frontières à des pays tiers, les mutations rapides des sociétés de départ, transforment les conditions de la mobilité à l’intérieur et hors du continent africain. Aux contraintes que font peser les Etats et les organismes supra nationaux sur les mobilités, s’opposent les stratégies de contournement construites localement par les migrants. Les parcours migratoires qui oscillent entre des lieux de l’errance, du transit ou de la sédentarité, créent sur le continent des zones «d’attente » qui deviennent des lieux de vie sur certaines routes migratoires. Cette configuration re-questionne et confronte les identités individuelles et collectives des migrants et des Nationaux, suscite des relations sociales et des interactions plus ou moins informées par les contextes socio-économiques, les héritages en matière de circulations, les cadres et agendas politiques.

L’atelier visera à explorer les effets sur les sociétés africaines de ces mobilités entravées, qui produisent de la stigmatisation ethnique, mais aussi de nouvelles formes de solidarité et de structuration de réseaux (commerçants, religieux, militants…). On s’intéressera à la production de cet espace de «l’entre-deux», aux logiques de catégorisation, aux stratégies d’inclusion sociale qui s’y développent (attente, survie, modification du projet migratoire…).

Une attention particulière sera apportée aux acteurs des réseaux formels d’assistance humanitaire et des réseaux informels du passage des frontières (passeurs, foyers, ghetto), mais aussi à l’influence sociale, politique, économique et morale des migrants dans ces espaces et dans leurs sociétés d’origine.

COMMUNICATIONS

Mahamet Timéra
« Figures de la mobilité, figures de ‘’l’étranger’’. L’empire de l’État-nation »

Harouna Munkaila
« Les migrations de transit à Agadez : de la ressource au «fardeau humanitaire» »

Dominique Vidal
« Quand change le cadre migratoire. Les migrants du Mozambique dans le Johannesburg post-apartheid »

Jocelyne Streiff-Fénart
« Situations post-transit en Mauritanie et au Mali »

Daouda Gary Tounkara
« Une lecture de la crise malienne par les mobilisations contradictoires des migrants de retour »