Les rencontres Audio

Sociétés africaines et migrations en Afrique aux XIXe et XXe siècles

Rencontre RTP 2006

Études africaines : état des lieux et des savoirs en France / Paris

Intervenants:

Daouda Gary, Cheickhna Mohamed Wague, Nicole Khouri, Ludovic Gandelot, Eleni Lazidou, Issiaka Mande

Présentation de l’atelier

Les grandes enquêtes sur les migrations africaines ont démarré dans les années 1950 paradoxalement avec l’amorce de la fin de colonisation. En effet, il y avait une conjonction de facteurs : le début de la construction d’un savoir scientifique sur les populations africaines d’une part et de l’autre l’amorce de la forte croissance des villes. Le contexte politique commandait alors de mieux cerner les motifs des déplacements des migrants à l’extérieur de leurs colonies (par exemple de la vallée du fleuve Sénégal vers la France) et surtout à l’intérieur de l’Afrique afin de mieux cerner les mutations sociétales. Le renouvellement des études sur les migrations africaines s’opère 20 ans plus tard avec les débats autour du concept marxiste d’échange inégal. Les économistes, sociologues et anthropologues proposent alors plusieurs typologies faites de dichotomies : « migrations anciennes » vs « migrations modernes », « migrations de peuple » vs « migrations de main-d’oeuvre », « migrations rurales » vs « migrations urbaines »‘ Cette perspective est progressivement remise en cause ainsi qu’un certain nombre d’idées reçues sur les populations africaines. Il se pose alors à toutes les disciplines scientifiques le défi de construire des méthodes d’analyse des faits de population avec les lacunes documentaires et des méthodes statistiques imparfaites adaptées au contexte africain. Ainsi naissent des problématiques complexes et des questionnements nouveaux commandant des approches pluridisciplinaires et des enquêtes ciblées. Mais les années 1990 et « la vague de démocratisation » des États africains fait de la question des migrants un phénomène social majeur dans plusieurs pays (les deux Congo, le Gabon, la Côte d’Ivoire, l’Afrique du Sud, la Libye..). Le discours politique ne s’intéresse plus aux flux mais aux stocks des populations suscitant un intérêt en terme d’analyse pour la plupart des sciences sociales. On constate que les groupes de migrants (paysans, marchands, cadres, étudiants, etc.), parce qu’ils ignorent le plus souvent les mutations opérées dans les statuts juridiques des États, acceptent mal les conditions nouvelles qui leur sont faites dans les sociétés d’accueil au mépris de l’histoire contemporaine. Aussi construisent-ils des solidarités et des réseaux transnationaux qui s’articulent aux États-nations et suscitent des interrogations sur la notion d’appartenance nationale et de citoyenneté. Plusieurs pistes (non exclusives) de réflexion qui ont été explorées dans les enquêtes « migrations » et les études menées jusque-là seront abordées, dans cet atelier, dans une perspective comparatiste et de longue durée :

– Les relations entre les stratégies migratoires des sociétés africaines et les politiques migratoires (anciennes, coloniales et nationales) ;

– Les effets sociaux des va-et-vient des migrants dans le « développement » des régions d’origine ;

– Les conditions sociales et juridiques d’installation et d' »intégration » des migrants en Afrique ;

– Le rôle des migrants dans les constructions politiques et régionales en Afrique.

Communications

Daouda Gary

Cheickhna Mohamed Wague

Nicole Khouri

Ludovic Gandelot

Eleni Lazidou

Issiaka Mande