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Sur l’histoire du genre en Afrique : un essai de bilan

Rencontre RTP 2006

Études africaines : état des lieux et des savoirs en France / Paris

Intervenants:

Anne Hugon, Odile Goerg, Myriam Cottias, Arlette Gauthier, Fatou Sow

Présentation de l’atelier

La recherche sur l’histoire des femmes en Afrique, déjà entreprise en France depuis une génération au moins par les anthropologues, n’a débuté que vers la fin des années 1980 chez les francophones, soit une bonne dizaine d’années après les anglophones. Plusieurs bilans en ont été tentés depuis lors, qui concernent de façon privilégiée les femmes en situation coloniale . D’autres travaux se sont intéressés à l’histoire des femmes en longue durée , en particulier depuis les indépendances . C’est sur ces points que la table ronde entend insister, en se préoccupant d’études comparées : – d’une part en confrontant l’effort francophone aux travaux de langue anglaise principalement, originaires d’Afrique ou des pays occidentaux (Grande Bretagne et États Unis essentiellement) – d’autre part en comparant les recherches sur le thème dans des aires géo-culturelles différentes : Afrique subsaharienne évidemment, mais aussi, de l’autre côté de l’Atlantique, Caraïbes. La recherche francophone a bien démarré sur l’histoire des femmes colonisée (Hugon, 2005, Barthélémy, 2006) ; mais l’intérêt se focalise aussi d’une part sur l’histoire de l’esclavage féminin (un colloque international sur le thème, sous presse, a eu lieu en Avignon en 2002 sous la direction du Professeur Gwen Campbell, sous presse), et à l’autre bout de la chaîne sur le « postcolonial » des Africaines contemporaines. Il est temps de faire le point du passage de l’histoire des femmes à une histoire genrée de la société, dans ces trois domaines périodisés : – genre et esclavage – genre et colonisation – genre et société post-coloniale Depuis quelques années, les données progressent plus vite que ne le suivent les experts en développement, qui en sont encore le plus souvent à n’avoir sur la condition féminine qu’un regard misérabiliste. En revanche, les publications les plus récentes s’aperçoivent de l’importance, aux différentes étapes de l’histoire, de la place et du rôle des femmes dans la société, le travail et la transmission culturelle. Enfin, depuis quelques années, les études abordent de front des sujets longtemps restés tabous : celui de la sexualité féminine, celui du corps, et de leur histoire. La question, ignorée et même niée à l’époque coloniale sous le double carcan de la pudeur africaine et de la bienséance coloniale, est devenue de nos jours, comme dans les autres sociétés du monde, une des préoccupations-clés désormais exprimée par la jeunesse urbaine africaine, garçons et filles. Du coup, la connaissance de la situation des femmes telle qu’étudiée auparavant est susceptible de révision : le groupe est à la fois solidaire et extrêmement varié. Par leur héritage socio-culturel divers, par leur statut social différencié, par leur environnement contrasté, l’évolution des femmes n’est jamais monolithique. Les situations sont plurielles, avec une spécificité durable néanmoins souvent repérable davantage que chez les hommes : la dialectique entre deux éléments contradictoires exacerbés, pesanteurs sociales versus émancipation individuelle. Les travaux les plus récents explorent des études de cas exemplaires de ces diversités.

Communications

Anne Hugon

Odile Goerg

Myriam Cottias

Arlette Gauthier

Fatou Sow