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L'annuaire des chercheurs

Emilie Guitard

Fonction

Chargé-e de recherche - CNRS

Affiliation

Pôle de recherche pour l’organisation et la diffusion de l’information géographique (PRODIG)

Email professionnel

emilie.guitard@gmail.com

Page web

https://cnrs.academia.edu/EmilieGuitard

Téléphone professionnel

0660242467

Adresse professionnelle

UMR PRODIG, 5 cours des Humanités, Bâtiment Recherche Sud, 93 322 Aubervilliers Cedex


DOMAINES DE RECHERCHE

Anthropologie, Ethnologie | Environnement, Nature, Paysages | Études urbaines

AIRES GÉOGRAPHIQUES

Cameroun | Nigéria | Zimbabwe

PÉRIODES

- Période précoloniale
- Colonisation
- Période contemporaine

PRÉSENTATION

Émilie Guitard étudie les rapports des sociétés africaines urbaines à leur environnement. Elle s'intéresse plus particulièrement aux représentations et aux modes de traitement institutionnels et populaires des déchets en milieu urbain, et aux savoirs et attachements au végétal en ville au Cameroun, au Nigeria et au Zimbabwe.

Dans le cadre d’un doctorat d’Anthropologie de l’université Paris Ouest Nanterre La Défense, soutenu en 2014, elle a pu analyser pourquoi, dans les villes moyennes de Garoua et Maroua, au Nord et à l’Extrême Nord du Cameroun, on dit des « chefs », soit des détenteurs de l’autorité à l’échelle d’une famille, d’un quartier, de la cité ou autrefois d’un royaume, qu’ils doivent être « comme des grands tas d’ordures ». Ce proverbe situe les relations de pouvoir et l’exercice de l’autorité dans un rapport particulier avec la gestion des déchets : le chef doit se montrer patient et hiératique comme un grand dépotoir, lors qu’il reçoit toutes les insultes et les plaintes de ses sujets comme autant d’immondices ; mais, selon un registre ésotérique développé par les religions locales puis repris dans le cadre musulman, on attend aussi qu’il fasse preuve de la même puissance, magique notamment, que celle dégagée par une grande et ancienne accumulation de déchets. Les conceptions locales des excrétions corporelles, des objets déchus et des restes des activités du quotidien font en effet du contrôle et de la manipulation des déchets un élément majeur d’une « gouvernementalité » (Foucault) particulière. Celle-ci s’opère via des « techniques du corps » et des « techniques de soi » spécifiques autour du détachement entre soi, ses déchets corporels et ses possessions matérielles. L’analyse généalogique des discours et des pratiques de gestion individuelles et institutionnelles des déchets depuis la fondation des deux villes au XVIIIe siècle jusqu’au début du XXIe siècle, marqué par la privatisation de ce service public, a permis alors de saisir comment les tas d’ordures dans ce contexte peuvent être considérés comme de véritables « dispositifs de pouvoir » et le contrôle des immondices comme un instrument puissant de gouvernement de soi et des autres. visent particulièrement à renouveler l’analyse des rapports à l’ordure en terme d’anthropologie politique. Au delà du constat de la déficience des modes de gestion des déchets dans les villes africaines et d’une analyse de ce phénomène à partir des stratégies et des jeux politiques des acteurs individuels et institutionnels, elle propose un retour sur les représentations et les pratiques autour de ce qui « fait » déchet dans le contexte urbain africain pour les citadins comme les institutions politiques locales. L’étude, sur un mode diachronique, de la définition du « déchet » et de sa circulation depuis la sphère privée jusqu’à certains lieux spécifiques de l’espace public lui permet de reconsidérer les « lieux d’ordures » (tas d’ordures, bennes) comme des « objets de pouvoir » ambivalents, emblèmes, sources ou stigmates de celui-ci.

Dans la continuité de ces premiers travaux, Emilie Guitard a poursuivi cette réflexion sur les interactions entre les politiques municipales et les représentations et pratiques citadines en Afrique subsaharienne en se tournant vers les rapports à la nature urbaine. En 2015, dans le cadre de l'ANR JCJC PIAF (Programme sur les Indicateurs Autochtones de la Faune et de la Flore), en accueil au LADYSS (CNRS/UPO), elle a documenté les perceptions des changements environnementaux des habitants de la petite ville de Hwange (Zimbabwe), en bordure d’une aire protégée, à travers leurs connaissances de la biodiversité animale et végétale locales. Puis de 2015 à 2019, comme chargée de mission Recherche et directrice adjointe de l'IFRA Nigeria (MEAE/CNRS), elle a pu amorcer de nouvelles recherches sur les rapports aux arbres du centre historique de la ville d'Ibadan (Nigeria). Enfin depuis 2019, Emilie Guitard poursuit ses recherches dans ce contexte comme chargée de recherche au CNRS (section 39) au sein de l'UMR Prodig, et depuis 2021 comme porteuse de l'ANR JCJC INFRAPATRI "Savoirs et attachements urbains en Afrique subsaharienne (Bénin, Cameroun, Nigeria, Sénégal): identification et production d'un infra-patrimoine" (https://anr.fr/Projet-ANR-20-CE27-0011)

En parallèle, Emilie Guitard a développé depuis 2017 un intérêt pour les imaginaires africains et afro-descendants, accessibles notamment dans les productions artistiques et culturelles de masse (cinéma, musique, littérature), permettant notamment de penser le développement des villes africaines dans le futur. D'un point de vue méthodologique, elle s'inscrit par ailleurs dans les intenses réflexions en cours sur le développement des écritures innovantes en SHS et des collaborations entre chercheur.e.s et artistes sur les terrains d'enquêtes.

ENSEIGNEMENTS

2019 à ce jour : avec Amandine Spire, séminaire M2 "Dynamiques d'urbanisation et des sociétés urbaines au Sud", master DYNPED, Université Paris 1

2016 à 2019: Ateliers mensuels de formation méthodologique pour les jeunes chercheurs associés à l'IFRA Nigeria, Institute of African Studies, University of Ibadan

2013-2014, Attachée Temporaire de Recherche et d’Enseignement, Département d’Anthropologie université Paris Ouest Nanterre La Défense (192h)
- CM M1/M2 « Etudes africanistes et monde arabe et musulman » (avec O. Kyburz et S. Camelin)
- CM et TD/L2 « Organisation sociale »
- TD/L1 « Introduction à l’Ethnologie »

Vacations et monitorat, Département d’ethnologie, université Paris Ouest Nanterre La Défense
o 2010-2011, vacations
- CM/L3 Écologie et sociétés (avec E. de Garine)
o 2009-2010, monitorat
- CM/L3 Écologie et sociétés (avec E. de Garine)
- TD/L2 Organisations sociales
- TD/L3 Textes fondamentaux
o 2008-2009, monitorat
- CM/M1 Anthropologie politique de l’Afrique
- TD/L3 Textes fondamentaux
o 2007-2008, monitorat
- CM/M1 Anthropologie politique de l’Afrique
- TD/L2 Religions du Livre, religions autres

AUTRES ACTIVITÉS

Pour les publications, voir https://cnrs.academia.edu/EmilieGuitard

- Co-animation du blog de la revue "Terrain" https://blogterrain.hypotheses.org/
- Membre du comité de rédaction de la revue "Terrain"
- Membre du comité de rédaction des "Cahiers d'études africaines"
- Membre du conseil scientifique du GIS Afrique