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L'annuaire des chercheurs

Emilie Guitard

Fonction

Docteur-e - Chargée de mission Recherche - CNRS

Affiliation

IFRA Nigeria - Institut français de recherche en Afrique

Email professionnel

e.guitard@ifra-nigeria.org

Page web

https://ifra-nigeria.academia.edu/EmilieGuitard

Téléphone professionnel

002349084721365

Adresse professionnelle

IFRA, Institute of African Studies University of Ibadan Ibadan, Oyo State Nigeria


DOMAINES DE RECHERCHE

Anthropologie, Ethnologie

AIRES GÉOGRAPHIQUES

Cameroun | Nigéria | Zimbabwe

PÉRIODES

- Période précoloniale
- Colonisation
- Période contemporaine

PRÉSENTATION

Émilie Guitard étudie les rapports des sociétés africaines urbaines à leur environnement, et plus particulièrement les représentations et les modes de traitement institutionnels et populaires des déchets en milieu urbain dans les sociétés africaines depuis son entrée en Master d’Anthropologie.

Dans le cadre d’un doctorat d’Anthropologie de l’université Paris Ouest Nanterre La Défense, soutenu en 2014, elle a ainsi pu analyser pourquoi, dans les villes moyennes de Garoua et Maroua, au Nord et à l’Extrême Nord du Cameroun, on dit des « chefs », soit des détenteurs de l’autorité à l’échelle d’une famille, d’un quartier, de la cité ou autrefois d’un royaume, qu’ils doivent être « comme des grands tas d’ordures ». Ce proverbe situe les relations de pouvoir et l’exercice de l’autorité dans un rapport particulier avec la gestion des déchets : le chef doit se montrer patient et hiératique comme un grand dépotoir, lors qu’il reçoit toutes les insultes et les plaintes de ses sujets comme autant d’immondices ; mais, selon un registre ésotérique développé par les religions locales puis repris dans le cadre musulman, on attend aussi qu’il fasse preuve de la même puissance, magique notamment, que celle dégagée par une grande et ancienne accumulation de déchets. Les conceptions locales des excrétions corporelles, des objets déchus et des restes des activités du quotidien font en effet du contrôle et de la manipulation des déchets un élément majeur d’une « gouvernementalité » (Foucault) particulière. Celle-ci s’opère via des « techniques du corps » et des « techniques de soi » spécifiques autour du détachement entre soi, ses déchets corporels et ses possessions matérielles. L’analyse généalogique des discours et des pratiques de gestion individuelles et institutionnelles des déchets depuis la fondation des deux villes au XVIIIe siècle jusqu’au début du XXIe siècle, marqué par la privatisation de ce service public, a permis alors de saisir comment les tas d’ordures dans ce contexte peuvent être considérés comme de véritables « dispositifs de pouvoir » et le contrôle des immondices comme un instrument puissant de gouvernement de soi et des autres. visent particulièrement à renouveler l’analyse des rapports à l’ordure en terme d’anthropologie politique. Au delà du constat de la déficience des modes de gestion des déchets dans les villes africaines et d’une analyse de ce phénomène à partir des stratégies et des jeux politiques des acteurs individuels et institutionnels, elle propose un retour sur les représentations et les pratiques autour de ce qui « fait » déchet dans le contexte urbain africain pour les citadins comme les institutions politiques locales. L’étude, sur un mode diachronique, de la définition du « déchet » et de sa circulation depuis la sphère privée jusqu’à certains lieux spécifiques de l’espace public lui permet de reconsidérer les « lieux d’ordures » (tas d’ordures, bennes) comme des « objets de pouvoir » ambivalents, emblèmes, sources ou stigmates de celui-ci.

Dans la continuité de ces premiers travaux, Emilie Guitard poursuit une réflexion sur les interactions entre les politiques municipales de gestion des déchets et des espaces naturels urbains et les représentations et pratiques citadines en la matière dans les villes d’Afrique de l’Ouest (Nigeria), Centrale (Cameroun) et Australe (Zimbabwe). Dans le cadre d’une ANR Jeunes Chercheur(e)s interdisciplinaire, le Programme sur les Indicateurs Autochtones de la Faune et de la Flore (PIAF), piloté par le LADYSS (CNRS/UPO), elle documente les perceptions des changements environnementaux des habitants de la petite ville de Hwange (Zimbabwe), en bordure d’une aire protégée, à travers leurs connaissances de la biodiversité animale et végétale locales. En tant que chargée de mission Recherche à l'IFRA Nigeria depuis octobre 2015, elle prépare également un projet de recherche sur les représentations et les modes de gestion municipaux et citadins des espaces publics de nature et de dépôt d’ordures à Lagos.

ENSEIGNEMENTS

2016 à aujourd'hui: Ateliers mensuels de formation méthodologique pour les jeunes chercheurs associés à l'IFRA Nigeria, Institute of African Studies, University of Ibadan

2013-2014, Attachée Temporaire de Recherche et d’Enseignement, Département d’Anthropologie université Paris Ouest Nanterre La Défense (192h)
- CM M1/M2 « Etudes africanistes et monde arabe et musulman » (avec O. Kyburz et S. Camelin)
- CM et TD/L2 « Organisation sociale »
- TD/L1 « Introduction à l’Ethnologie »

Vacations et monitorat, Département d’ethnologie, université Paris Ouest Nanterre La Défense
o 2010-2011, vacations
- CM/L3 Écologie et sociétés (avec E. de Garine)
o 2009-2010, monitorat
- CM/L3 Écologie et sociétés (avec E. de Garine)
- TD/L2 Organisations sociales
- TD/L3 Textes fondamentaux
o 2008-2009, monitorat
- CM/M1 Anthropologie politique de l’Afrique
- TD/L3 Textes fondamentaux
o 2007-2008, monitorat
- CM/M1 Anthropologie politique de l’Afrique
- TD/L2 Religions du Livre, religions autres

AUTRES ACTIVITÉS

Publications :

2017 (sous presse), « The Sacred King as a Waste Heap in Northern Cameroon », numéro “The Bodily and Material Cultures of Religious Subjectivation”, Journal of Material Culture.

2017, avec W. Van Beek, Rites et religion dans le bassin du lac Tchad, African Studies Collection/Karthala, Leiden/Paris.

2016, "Le pouvoir en restes : gouverner par les déchets au Cameroun (Garoua et Maroua)", numéro « « Réparer le monde. Excès, reste et innovation », Techniques et culture, n¨°65-66, https://tc.revues.org/8133

2016, « De « ramasseurs d’ordures » à « commandeurs de la propreté ». Revaloriser le travail des déchets pour mieux régner (Garoua et Maroua, Cameroun) », numéro « Déchets et politique », Mouvements, http://mouvements.info/commandeur-de-la-proprete/

2015, "« Est-ce que c’est ta voirie ?! ». Manipulations des déchets et contrôle des espaces collectifs à Garoua (Cameroun), Ethnologie Française, 3: 455-466

2015, avec V. Milliot, "Introduction. Les gestes politiques du propre et du sale en ville", Ethnologie Française, 3:405-410

2015, « « C’est pas le déchet, c’est le diamant ! ». Pratiques de récupération et gestion publique des déchets à Garoua et Maroua (Cameroun) », in C. Cirelli et B. Florin (dir), Sociétés Urbaines et Déchets. Eclairages internationaux, Presses Universitaires François-Rabelais, Tours : 59-86.

2012, Le chef et le tas d’ordures : la gestion des déchets comme arène politique et attribut du pouvoir au Cameroun, Politique africaine, 127 (3) : 155-177.

2012, Le fou, le génie, et le tas d’ordures : la passion des déchets comme marqueur de la déviance mentale dans une ville moyenne africaine (Garoua, Nord-Cameroun), in E. Rothmaler, H. Tourneux et R. Tchokothe (éd.), Man and health in the Lake Chad Basin/L’homme et la santé dans le bassin du lac Tchad (Bayreuth, Rüdiger Köppe Verlag) : 91-108.

2012, “The Great Chief Must Be Like The Great Trash Pile”. A Political Anthropology of Waste in African Urban Contexts, Anthropology News, American Anthropological Association [en ligne].

2012, “Le tas d’ordures possède une grande connaissance, un grand savoir” : connaissances et pratiques de gestion des déchets en milieu urbain au Nord-Cameroun (Garoua et Maroua), 1er Congrès de l’AfeaConnaissances : No(s) Limit(es), AFEA, EHESS, Paris [en ligne].

2012, Waste disposal authority, in C. A. Zimring, W. L. Rathje (éd.), Encyclopedia of consumption and waste : The social science of garbage (Thousand Oaks, CA, Sage Publications) : 975-979.

2008, Les « eaux usées » : une catégorie pertinente pour les citadins de Garoua (Nord-Cameroun) ?, in Anne-Marie Guimier-Sorbets (éd.), L’eau. Enjeux, usages et représentations (Paris, De Bocard) : 185-194.