Les Rencontres des Études africaines en France


Retrouvez l'ensemble des ateliers proposés lors des différentes rencontres organisées par le GIS

Socialisation de rupture dans les pratiques sexuelles en Afrique : appréhender l’homosexualité dans les sociétés actuelles

REAF 2022
Circulations dans les Afriques, Afriques en circulation
Toulouse

Présentation

La question de l’homosexualité en Afrique noire divise encore les sociétés du Continent. Dans les médias classiques, les réseaux sociaux et même dans la vie de tous les jours, les débats tendent presque toujours à porter sur l’extériorité de la pratique homosexuelle. Ici, l’univers, dans les imaginaires, semble cloisonné. La polygamie est présentée comme l’apanage des Africains et l’homosexualité, comme une création d’un Occident dépravé et qu’il faut combattre. Mais paradoxalement, alors que les sociétés reproduisent les normes et combattent la déviance par le biais de l’éducation, il s’observe que la question du sexe reste encore taboue et fermée au dialogue dans la plupart des sociétés africaines. Cela crée un vide sur le plan de l’éducation sexuelle. Ce vide laissé par les instances primaires de socialisation comme la famille, va être comblé par les instances secondaires de socialisation (l’école, les groupes de pairs, le milieu professionnel). C’est ainsi que commencent à se vulgariser dans les sociétés africaines des comportements et des pratiques sexuelles alternatives dont la mise en lumière à travers les réseaux sociaux suscite un tollé.

La question est si taboue que conduire des recherches sur le sujet impose une bonne dose de courage pour un chercheur africain vivant sur le Continent. L’une des raisons est que l’univers de la sexualité en Afrique depuis l’ère du christianisme est entouré de tabous (Gueboguo : 2006). Mais la construction d’un savoir sur l’homosexualité en Afrique, elle- même, pose encore problème. Comment appréhender de manière rigoureuse une pratique dont les acteurs se cachent ? Quels outils méthodologiques permettent de questionner véritablement les pratiques homosexuelles telles qu’elles se déclinent au quotidien en Afrique subsaharienne ? En dehors de la méthode boule de neige, qui fait courir au chercheur un risque d’enclicage (De Sardan : 1995) et de la méthode historique, qui permet de faire une sorte d’archéologie des savoirs sur l’homosexualité; quel(s) autre(s) procédé(s) méthodologique(s) peut ou peuvent permettre de produire des savoirs toujours plus rigoureux sur l’homosexualité dans l’Afrique d’aujourd’hui ? Les propositions de contribution pourraient, de façon non exhaustive, aborder les questions épistémologiques en lien avec la production des savoirs sur l’homosexualité, les questions de méthodes en matière de collecte des données sur l’homosexualité ainsi que les modèles théoriques susceptibles de permettre aux chercheurs de lire et de comprendre la pratique homosexuelle en Afrique.

Coordination : Cedric Kengmo Fometio et Ferdinand Mben Lissouck

Communications

Brenda Masanga Ngum
Reconsidérer la tolérance et l’acceptabilité LGBTQI à la lumière de la visibilité croissante des femmes transgenre au Cameroun

Irene Joseha Nlang Billong
Homophobie non-assumée et tolérance grandissante de l’homosexualité en Afrique

Kevin Irakoze
Le corps-sexe homosexuel, objet de jouissance autopoétique

Marieme N’Diaye
Le droit comme grille de lecture du social. L’exemple de la répression pénale de l’homosexualité au Sénégal

Rodolphe Kuate Wafo
La représentation de l’homosexualité dans Demain si dieu le veut de Khadi Hane et Chuchote pas trop de Frieda Ekotto : entre tabou et pratique inavouée

Retour haut de page