Les rencontres Audio

Coopérants et Français en Afrique, de l’Union française aux Etats indépendants (1946- 1998)

Rencontre RTP 2010

Recherches et débats : réinventer l'Afrique? / Bordeaux

Intervenants:

Odile GOERG, Marie-Albane de SUREMAIN, Julien HÉLARY, Françoise IMBS, Anna PONDOPOULO, Françoise RAISON, Faranirina RAJAONAH

Présentation de l’atelier

Organisé par Odile GOERG, Professeure Paris Diderot-SEDET

 

 

Que représente l’expatriation en tant que « coopérant » ? Quelles pratiques sur place et quelles traces au retour ?

 

Un projet de recherche (en cours depuis quelques années) explore la question des impacts réciproques de la présence de Français (et, comparativement, autres nationalités) dans les colonies puis dans les Etats devenus indépendants. L’étude commence avec les débuts de l’Union française (constitution de 1946), période de transformation du mode de gestion coloniale et de diversification professionnelle des Français en poste en Afrique. Elle se poursuit jusqu’à 1998, année de suppression du ministère de la Coopération constituant une des dates marquantes de cette période. On peut souligner les conséquences d’une double rupture politique, celle des premières indépendances (1960/1962) et celle des années 1970 dans certains Etats, comme Madagascar, marquées par le retrait de la majorité des coopérants français et l’arrivée de coopérants d’autres nationalités.

La recherche se fait dans une perspective postcoloniale, i.e. en éprouvant la permanence de configurations coloniales dans le contemporain et en interrogeant l’impact des relations de type colonial jusqu’à nos jours. Cette démarche est fondamentale pour comprendre d’un point de vue social, culturel et politique, la perception des Européens répandue en Afrique – pour le moins ambiguë : de l’envie à la distance prudente – et les relations tissées au quotidien avec les Africains, dans un cadre professionnel ou non. L’enjeu de cette recherche est d’examiner l’élaboration et la reconfiguration de relations Nord-Sud, dans un contexte de globalisation toujours plus prégnant, à travers, notamment, la question du « développement », telle qu’elle a pu être portée, déclinée et réinterprétée de manières très diverses par des acteurs sociaux. Ceux-ci sont saisis, non pas à travers des schèmes théoriques très généraux, mais dans une dimension très concrète et incarnée, par le biais des interactions complexes entre acteurs dont les témoignages sont au cœur de cette enquête. Une telle approche sociale, culturelle et politique permet d’apporter un nouvel éclairage sur des questions relatives au développement ou aux relations Nord-Sud, formulées de manière parfois très abstraite ou formelle et d’en proposer une heuristique au plus près des expériences vécues par les différents partenaires.