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L’épreuve du vote : mobilisation et participation en situation contrainte

Rencontre GIS 2014

L’Afrique des/en réseaux / Bordeaux

Intervenants:

Sandrine Perrot, Marie-Emmanuelle Pommerolle, Adama Ball, Fatoumata Coulibaly, Juliette Ruaud, Rogers Orock

Présentation de l’atelier

Objet canonique de la sociologie politique, la sociologie du vote s’invite a nouveau sur le continent africain. Après les réflexions sur les élections en contexte autoritaire, celles sur les élections en situation multipartite et cliente liste et l’institutionnalisation du «rite» électoral, la question a la faveur aujourd’hui d’analyses quantitatives telles que celles pratique es par l’Afrobaromètre. La diversification des pratiques électorales sur le continent continue de générer cependant pour l’analyse qualitative de nombreux angles morts autant que des questions méthodologiques curieusement laissées en suspens. L’atelier proposé vise à susciter des contributions s’attachant au vote comme épreuve, tant politique que méthodologique. Une épreuve politique, d’abord : dans les régimes à parti dominant (parfois appelés hybrides, semi-autoritaires, etc.), le vote est a la fois un outil de crédibilité et une contrainte pour les représentants politiques. Les dispositifs d’organisation et de surveillance du vote sont de plus en plus présents et les conduisent à s’en accommoder ou à les détourner. Bref, loin d’être un simple exercice de «civilité internationale», les réformes électorales ont des effets sur les formes de la mobilisation et de la participation. C’est ainsi que techniques et instruments électoraux seront au cœur de nos questionnements. Le vote est également une épreuve, au sens ou il traduit des transformations sociales plus larges, au sein de l’électorat. L’accumulation d’un savoir électoral, fruit d’une vingtaine d’années d’élections multipartites produit des électeurs plus exigeants et à tout le moins, différents. Plus généralement, les techniques de mobilisations de ces électeurs se transforment, du fait de ce rapport plus affirmé au politique, mais aussi de transformations plus générales (contexte urbain ou le rapport de clientèle change/ différenciations sociales plus accentuées, etc.). Une épreuve méthodologique, enfin : trois séries de questions seront posées. L’une, classique, s’intéresse à l’imbrication des évènements électoraux et du hors-temps électoral, aux meilleurs moyens d’articuler enquête au long cours et investigations ponctuelles. Une seconde a trait aux articulations entre quantitatif et qualitatif : comment se servir des enquêtes quantitatives (Afrobaromètre)? Enfin, la question des matériaux mobilisés et de leur crédibilité sera posée. Dans des contextes ou la fraude électorale est routinière, comment travailler sur des documents électoraux? Nécessaires pour des enquêtes précises sur la participation électorale, les registres électoraux sont-ils des matériaux fiables? Comment contourner la suspicion qui entoure ces documents?

COMMUNICATIONS

Adama Ball
« Le Sénégal : une carte électorale à l’épreuve des réformes administratives »

Fatoumata Coulibaly
« La géographie électorale de Bamako : un terrain source d’information «innovante» »

Juliette Ruaud
« Comment faire une socio-histoire du vote au Sénégal ? »

Rogers Orock
« Elites, National Elections and Ethnic Campaign Financing in Cameroon: the October 2011 Presidential Polls »