Les Rencontres des Études africaines en France


Retrouvez l'ensemble des ateliers proposés lors des différentes rencontres organisées par le GIS

Mauvais genres : circulations génériques et réécritures dans les littératures et les arts anglophones d’Afrique

REAF 2022
Circulations dans les Afriques, Afriques en circulation
Toulouse

Présentation

Les auteurs qui écrivent en anglais en Afrique héritent de genres à la croisée de traditions locales (le conte, par exemple) et d’héritage européen, que leur choix d’écrire en anglais (mais un anglais souvent travaillé par les autres langues de leur pays), en particulier à l’ère d’internet, des réseaux sociaux et de la diffusion plus instantanée et au-delà des frontières qu’ils semblent permettre plus encore que les moyens d’édition plus classiques, amène ces dernières décennies à revisiter de plus belle. On observe ainsi notamment une résurgence de genres autrefois considérés comme mineurs, comme le gothique, le roman policier ou la science-fiction, pour mieux explorer les tensions qui demeurent sous le vernis de surface (de plus en plus craquelé) du succès de la plus si nouvelle démocratie sud-africaine, notamment sous la plume d’auteurs femmes (Lauren Beukes, Margie Orford, Henrietta Rose-Innes), tandis qu’au Nigeria le Bildungsroman est revisité notamment par les écrivaines de la troisième génération (Chimamanda Ngozi Adichie, Akwaeke Emezi). On observe des tendances similaires, ou qui en tout cas invitent à la comparaison, à faire entendre un autre récit que celui, monologique, de la nation, y compris dans des genres souvent utilisés pour véhiculer un tel imaginaire national, comme l’épopée, le roman historique, ou au cinéma le western, comme autant de « communautés imaginées » dissonantes ou parodiées (comme dans la réécriture du roman de ferme afrikaner par Craig Higginson, ou du conte par Nadine Gordimer). La poésie n’est pas en reste, en particulier quand les prisonniers politiques s’en emparent pour faire entendre leur voix, entre expérience intime et engagement pour la communauté. Cet atelier se propose donc d’offrir, au sein des REAF, un espace dédié plus spécifiquement aux littératures et arts anglophones d’Afrique, moins habituellement représentés, pour faire dialoguer des spécialistes de différentes aires géographiques et de différents genres autour de leurs recherches récentes.

Coordination : Mathilde Rogez et Mélanie Joseph-Vilain

Communications

Mauvais genres 1 : genres et traditions: réécrire

Cédric Courtois
Genres littéraires à l’épreuve de la « queerisation » et de la décolonisation dans l’œuvre d’Akwaeke Emezi

Annael Le Poullennec
La renaissance du western dans le cinéma sud-africain contemporain : étude de Five Fingers for Marseilles (Michael Matthews, 2017), Sew the Winter to My Skin (Jahmil XT Qubeka, 2018) et Flatland (Jenna Bass, 2019)

Jacqueline Jondot
Jamal Mahjoub / Parker Bilal : en quête/enquête de Makana

Mathilde Rogez
Du plaasroman à l’anti-plaasroman, des premières lois de ségrégation à l’Afrique du Sud post-apartheid : réécrire la terre et le pays

Mauvais genres 2 : écrire au futur

Mélanie Joseph-Vilain
Les contre-littératures dans l’Afrique du Sud post-apartheid : passé, présent, futur de la nation sud-africaine

Indiana Lods
Afrofuturisme : une (re)naissance littéraire sud-africaine ?

Guillaume Cingal
Bivocalité et ‘Africanfuturism’ : le brouillage comme mode d’expression dans plusieurs œuvres de Nnedi Okorafor

Fanny Robles
Les héritier.e.s d’Akokhan : faire de la science-fiction à Nairobi aujourd’hui

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