Les Rencontres des Études africaines en France


Retrouvez l'ensemble des ateliers proposés lors des différentes rencontres organisées par le GIS

Pratiques culturelles engagées et périphéries africaines : circulations, réseaux et « insurgences »

REAF 2022
Circulations dans les Afriques, Afriques en circulation
Toulouse

Présentation

Envisagées comme l’ensemble des activités de consommation ou de participation liées à la vie intellectuelle, artistique ou même sportive et qui engagent des dispositions esthétiques ou participent à la définition des styles de vie (Coulangeon, 2010), les pratiques culturelles des populations afrodescendantes sont rarement étudiées par les sciences humaines et sociales. L’objectif de cet atelier pluridisciplinaire est de contribuer à leurs connaissances en favorisant un panorama le plus ouvert possible de travaux en cours ou des recherches abouties portant sur des pratiques culturelles de groupes issus des périphéries africaines et afro-diasporiques dans le champ géographique mondial.

Les périphéries sont entendues ici comme étant des espaces ségrégés, parfois éloignées des centres mais pas toujours, et regroupant des populations africaines ou afro-descendantes. Si les périphéries sont souvent perçues comme souffrant d’un « effet carcan » qui les maintiennent dans un état de repli et de marginalisation spatiale et sociale, nous serons attentifs à l’effet de circulation auquel les pratiques culturelles peuvent contribuer. En allant au-delà de l’apparente contradiction entre les termes « effet carcan » et « circulation », nous proposons d’étudier la façon dont ces deux réalités peuvent cohabiter et même s’articuler entre elles. En s’attachant à la manière dont les pratiques culturelles l’investissent, nous cherchons ainsi à mesurer ce que représente l’espace de la périphérie pour différents groupes.

La circulation peut prendre plusieurs formes : elle peut représenter ce que Paul Gilroy (1993) décrit comme étant le fait d’expressions et de pratiques culturelles de la diaspora noire, qui participent de la rencontre entre des styles musicaux divers dans les différentes périphéries du monde ; elle peut être comprise dans sa dimension de mise en œuvre de réseaux, à travers des rencontres ou des compétitions à des échelles plus ou moins grandes (du local à l’international) ; elle peut désigner la mise en circulation de figures et d’imaginaires communs aux populations africaines et à leur diaspora sur le fait colonial, le racisme et l’émancipation. Le rôle des industries culturelles, et l’accès aux nouvelles technologies seront tout particulièrement interrogés, ainsi que leur capacité ou non à limiter l’effet carcan que l’espace ségrégé de la périphérie peut insuffler (Mattelart, 2011 ; Clark Msia, 2014 ; Olivier, 2017). Cet atelier, enfin, sera l’occasion de faire un point (forcément incomplet) sur la dimension « insurrectionnelle » (insurgent) des cultures africaines périphériques (Holston, 2009), autrement dit la capacité des citadins ordinaires à faire de certaines pratiques culturelles des outils de mobilisation et de résistance sociale et politique.

Coordination : Julie Lourau et Lionel Arnaud

Communications

Laetitia Chantrait
Le Festival au désert (2001-2012) : entre valorisation identitaire et connexions interculturelles. Une autre résistance des sociétés touarègues au Mali.

Margaux Lombard
« NaLibanda »

Gildas Igor Noumbou Tetam
Les rituels et les combats militants en Afrique noire : le cas des rites de blindage et de passage au sein de la guérilla upéciste au Cameroun (1956-1960)

Christine Douxami
Manifestation de théâtres populaires versus patrimoines immatériels afro- amérindiens, de la marge à la périphérie ou ouverture aux mondes?

Avenir Geradine Meikengang
Patrimoine et développement durable: l’apport des pratiques traditionnelles dans la gestion et la conservation du patrimoine, cas des Grandes Cases à l’Ouest-Cameroun

Retour haut de page